BONNES RÉSOLUTIONS 2021 : ET SI ON RECRUTAIT AUTREMENT?

Les structures d’insertion ont besoin du soutien des autres acteurs économiques pour se développer et tenir leurs promesses d’inclusion durable. Soutenir ces structures et s’engager pour l’insertion professionnelle en 2021, ça passe aussi par le recrutement. Trois suggestions pour franchir le pas cette année.

Se tourner vers des structures spécialisées

Considérés comme un enjeu clé des politiques RSE, le “recrutement inclusif” et les politiques de “diversité” ciblent des personnes aux caractéristiques sociologiques et situations personnelles très variées. Le terme d’inclusion sociale peut parfois être utilisé « à toutes les sauces ». Employer ce terme de manière vague contribue à en diminuer la portée et à alimenter une certaine forme de “social-washing”. Accompagner des personnes éloignées de l’emploi est une activité complexe, qui demande des moyens et une organisation spécifique. C’est la vocation première d’un secteur d’activité, l’IAE (Insertion par l’Activité Économique), dont les structures sont aidées par l’Etat qui reconnait ainsi les efforts spécifiques qu’elles doivent réaliser pour mener à bien leur mission (formations, accompagnement individuel, perte de productivité …). Faire appel à elles pour ses recrutements, c’est cibler des personnes qui sont dans une démarche active d’inclusion professionnelle et éviter certains écueils. Mais c’est aussi soutenir un secteur d’avenir en pleine expansion dans lequel l’État investit. Le Pacte d’Ambition pour l’IAE formulé par le Ministère du travail prévoit 100 000 postes supplémentaires d’ici 2022. 

Privilégier l'emploi durable

Au-delà du travail de certaines structures, on peut adopter de bons réflexes pour les sujets de ressources humaines. Le premier pourrait être de privilégier les contrats durables. Véritables clés de voûte de l’intégration, les contrats durables facilitent l’accès aux essentiels de la citoyenneté : protection sociale, logement, rémunération stable mais aussi sociabilité et estime de soi. Les personnes ciblées par les politiques d’inclusion ont souvent l’expérience d’un parcours professionnel en dents de scie, et l’une des raisons d’être des parcours d’insertion est de réunir les conditions nécessaires à leur entrée dans un schéma plus stable. En ce sens, le passage dans une SIAE doit être vu comme un tremplin, car une partie du chemin reste ensuite à parcourir. C’est alors que les entreprises ont tout leur rôle à jouer, en leur ouvrant des opportunités.

Repenser ses critères et son processus de recrutement

  • Pour inclure, il faut se questionner sur son processus de recrutement, et être prêt à réétudier son mode de fonctionnement. Mais comment s’y prendre sans commettre d’erreurs? Quelques idées, pour les métiers qui s’y prêtent :
  • – S’interroger sur ses pré-requis
  • – Organiser des périodes d’immersion de pré-embauche pour s’assurer l’adéquation du candidat avec les dynamiques et valeurs de l’entreprise tout en lui donnant l’occasion de faire ses preuves sur le terrain. C’est ce qu’on appelle les PMSMP (Période de Mise en Situation en Milieu Professionnel).
  • – Faire des binômes entre les membres des équipes RH et terrain pour conduire les entretiens
  • – Prévoir des exercices pratiques de recrutement pour des personnes qui sont moins habituées et moins préparées aux entretiens classiques.

Accompagner des personnes en grandes difficultés, c’est un métier. En revanche, ouvrir ses portes aux personnes qui sortent de ces dispositifs et favoriser leur progression est à la portée de tous ! Pourquoi ne pas commencer cette année ?

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